Prix de poésie : lecteurs
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Rencontre avec Judy Quinn, lectrice
En attendant de découvrir qui sont les finalistes, entrez dans les coulisses du Prix de poésie Radio-Canada. Pleins feux sur ceux et celles qui ont lu tous ces textes à la recherche de la perle rare. Aujourd'hui : Judy Quinn, poète dont le premier roman, Hunter s'est laissé couler, vient tout juste de remporter le prix Robert-Cliche.
1. Parlez-nous un peu de vous... Âge ? Où vivez-vous ? Qu'écrivez-vous ?
J'ai 38 ans, des enfants, un jardin, du temps pour écrire (poésie, roman).
2. Que faites-vous dans la vie ?
Je suis réviseure (et auteure).
3. De quoi êtes-vous le plus fière dans votre carrière littéraire ?
Quand je serai satisfaite d'un livre, j'aurai perdu l'une des principales raisons qui me poussent à écrire à nouveau.
4. Qu'est-ce qui vous a attirée dans le fait d'être lectrice pour le Prix de poésie Radio-Canada ?
Lire des textes anonymes, provenant de poètes reconnus comme d'auteurs n'ayant jamais publié, et les classer selon ma seule impression, m'apparaissait un beau défi.
5. Où/dans quelles conditions avez-vous lu les textes que vous avez reçus ?
Dans un endroit propice à la concentration. Il ne fallait surtout pas passer à côté d'une grande œuvre !
6. Vous avez lu des centaines de poèmes. Que cherchiez-vous ? Qu'est-ce qui fait qu'un texte se démarque et se retrouve dans votre pile de « OUI » ?
Je ne sais trop ce que je cherche. Quand je le trouve cependant, il me semble que cela répond à quelque chose en moi. Souvent, les textes que j'apprécie prennent racine dans l'expérience humaine, et me séduisent par leur forme, leur esthétisme inédit.
7. Y-a-t-il un poème, un vers qui vous a particulièrement marquée ? Pourquoi ?
Puissance d'évocation et à la fois sens qui échappe toujours malgré les relectures :
« Tu possédais la force négligeable
et par là immense d'être heureux pour rien.
Qu'as-tu abandonné que tu n'avais
déjà perdu au moment où tu tournais
ton espérance vers la mort et son inviolable amnésie?
- L'assurance qu'un autre sort est possible.
Une force plus terrible s'acharne pourtant
à faire du petit reste de toi-même
la plus exigeante raison de vivre. » (Les ciels minuscules)
8. Après avoir lu tous ces poèmes, avez-vous des conseils, une liste de À FAIRE/À ÉVITER pour les auteurs qui participent ?
Je ne crois pas trop au talent ni au génie. À faire : lire la poésie des autres. Mais plus largement, lire beaucoup, dans tous les genres. Et travailler, retravailler, creuser, développer.
9. Comment faites-vous pour faire entrer la poésie dans votre quotidien ?
Je m'assois devant une fenêtre et j'attends.
10. Un(e) poète à surveiller selon vous ?
J'aime beaucoup le dernier recueil de Philippe More, mais peut-être n'appartient-il plus à la catégorie des « poètes à surveiller ».
Judy Quinn a publié trois recueils aux éditions du Noroît : L'émondé (2008), Six heures vingt (2010, Prix littéraire Radio-Canada dans sa version abrégée) et Les damnés inflationnistes (2012). Elle signe régulièrement des critiques pour le magazine Nuit blanche. Son premier roman, Hunter s'est laissé couler, vient de remporter le Prix Robert-Cliche.



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