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Les bons conseils de Louise Penny


La liste des choses à savoir avant d'amorcer l'écriture d'un premier roman, selon l'écrivaine Louise Penny.

Louise Penny
  • J'aurais aimé savoir qu'un premier jet n'a pas besoin d'être parfait. En fait, je n'aurais pas pu le savoir. L'écriture est un processus, et les « erreurs » sont à l'origine de l'inspiration. Ce sont elles qui m'ont montré la voie.

  • J'aurais dû dresser le plan de mon premier roman plus tôt. En effet, je bloquais continuellement, car je n'avais pas prévu le déroulement de mon intrigue. J'ai commencé à écrire en me disant que je verrais bien où ma plume me mènerait. Cette méthode fonctionne pour certains, mais pas pour moi.

  • Pour moi, l'écriture, c'est l'équilibre entre la planification et le laisser-aller. J'ai besoin d'une plateforme d'où décoller, et où revenir me poser quand le brouillard se lève.

  • J'aurais dû choisir mes premiers lecteurs avec plus de discernement. Je n'avais aucune idée de ma propre fragilité et de la peur qui m'habitait, ni de la cruauté - qu'elle soit intentionnelle ou pas - dont pouvaient faire preuve certaines personnes.

  • Maintenant, lorsque je bloque, j'écoute de la musique. Chacun de mes livres, à partir du troisième, a sa propre bande sonore. J'aurais aimé me rendre compte plus tôt de la puissance et du pouvoir libérateur de la musique.

  • Maintenant, lorsque je bloque, je sors aussi marcher. Je flâne en tâchant de faire le vide dans mon esprit. Très souvent, la solution se présente d'elle-même. Pendant l'écriture de mon premier roman, à chaque blocage, je m'obstinais à trouver une solution sur-le-champ, ce qui alimentait ma frustration et m'embrouillait encore plus. Aujourd'hui, je sors promener le chien.

  • J'aurais aimé savoir qu'un manuscrit doit être écrit à double interligne en police Cambria de 12 points (ou une autre police claire et simple) et totaliser environ 100 000 mots.

  • J'aurais aimé savoir que la longueur d'un manuscrit est évaluée non pas en fonction du nombre de pages, mais selon le compte de mots. Comme je l'ignorais, je me suis fiée aux romans de ma bibliothèque, qui font souvent entre 350 et 400 pages. C'est ce que j'ai écrit. À simple interligne. 250 000 mots. J'ai dû en couper plus de la moitié.

  • Un des nombreux éditeurs qui ont refusé de publier mon premier roman (et je suis polie) a pris le temps de me faire quelques remarques. Bien franchement, certaines d'entre elles m'ont semblé absurdes, mais d'autres étaient brillantes, y compris ce judicieux conseil :

    Les auteurs débutants commettent en général trois erreurs : leur livre est trop long, il contient trop d'idées, et il compte trop de personnages.


    Il m'a ensuite expliqué que j'avais moi-même commis ces trois erreurs. Après l'avoir envoyé au diable, ainsi que toute sa famille, je me suis calmée et je me suis rendu compte qu'il avait raison. Cette constatation m'a forcée à me poser une question primordiale : Quel est le thème de mon livre? Pas le meurtre. Il s'agit d'un acte, pas d'un thème. Quel est donc le fil conducteur de mon roman?

    Après une longue réflexion, j'ai compris que mon premier roman portait sur les choix et sur le changement, et sur la façon dont les personnages composent avec ces deux réalités. Cette découverte a ensuite guidé ma révision. Ce conseil a été déterminant pour moi, et il n'a rien perdu de sa pertinence.

  • Pendant que je travaillais à mon deuxième roman, assaillie de doutes et mouillée de sueurs froides, j'ai reçu un coup de fil de mon agente. J'ai soudain ressenti la même frayeur que lorsque j'étais convoquée dans le bureau du directeur.

    « Louise, comment va l'écriture? m'a-t-elle demandé avec son accent anglais quelque peu cassant.

    -Eh bien, Teresa, ai-je pleurniché, on dirait que j'ai peur. Ça avance, mais je suis si stressée et inquiète et-

    - Pour l'amour du ciel, m'a-t-elle interrompue, tu n'es tout de même pas en train d'écrire Guerre et paix! »

    Après un court moment pendant lequel je lui ai souhaité tous les malheurs du monde, ainsi qu'à toute sa famille, je me suis rendu compte qu'elle avait raison, et je me suis mise à rire. C'était parfait, intelligent et sublime. J'aurais aimé comprendre plus tôt que j'avais tout intérêt à ne pas me prendre trop au sérieux!

Bref, en résumé, voici ce que je vous souhaite :

  • Écrivez avec votre cœur et avec votre tête.
  • Descendez au plus profond de votre être pour trouver le courage d'utiliser toutes vos pensées, vos émotions et vos expériences, qu'elles soient belles ou sombres.
  • Laissez-vous guider par vos propres désirs, pas par les forces du marché.
  • Ne prêtez jamais au grand jamais attention aux voix qui vous disent que vous n'y arriverez pas - qu'elles résonnent à l'intérieur ou à l'extérieur de votre tête.
  • Ayez foi en votre livre et en vous-même. Sans cela, personne ne vous suivra.
  • Écrivez avec bonheur.
  • Ne craignez ni l'abîme, ni la lumière.
*


Louise Penny
Ce n'est qu'arrivée à la mi-quarantaine que Louise Penny a amorcé l'écriture de son premier roman policier, Still Life (Nature morte). Campés dans les Cantons-de-l'Est, au Québec, ses romans mettent en vedette l'inspecteur Armand Gamache, qui dirige l'escouade des homicides de la Sûreté du Québec. Traduits dans 23 langues, ils ont tous figuré sur les principales listes des plus grands succès commerciaux, y compris celles du New York Times, du London Times et du Globe and Mail. Louise Penny a remporté la plupart des distinctions internationales les plus importantes, notamment le prix Dagger en Angleterre, le prix Arthur-Ellis au Canada et les prix Anthony, Barry, Dilys, Nero et Macavity aux États-Unis. Elle est le seul auteur à avoir remporté quatre années de suite le prestigieux prix américain Agatha, qui récompense le meilleur roman policier. Les droits de ses deux premiers romans ont été achetés en vue d'une adaptation au grand écran. Le huitième roman de sa série « Armand Gamache enquête », The Beautiful Mystery, paraîtra le 28 août. Louise Penny vit avec son mari, Michael, et leur golden retriever dans les Cantons-de-l'Est, au sud de Montréal.


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2 Commentaire(s)

Albablanco a écrit:

Publié le 7 juillet 2012 6h58


Voici un auteur qui est parvenu à se faire publier (à compte d'éditeur) après 180 refus !

http://refusdediteurs.webs.com/liste_des_editeurs.html

Comme quoi il ne faut jamais désespérer !

 

Nathalie Lapierre a écrit:

Publié le 5 juin 2012 11h31


Conseils bien appréciés, merci beaucoup!

 

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