Défi meurtrier : choix du jour
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Seule par Isabelle Houde
J'aime de plus en plus la sensation. J'entends le son de mes talons sur l'asphalte résonner contre la paroi des murs près de moi. Cela m'excite. Le son d'une femme qui marche seule dans la nuit. L'endroit est désolé et c'est ce paradoxe qui me fait frémir: seule mais entourée de millions d'habitants. J'aime être vulnérable dans un quartier douteux et pouvoir rencontrer je ne sais qui.
La ruelle semble endormie et devient de plus en plus sombre. Je m'arrête et retiens ma respiration juste pour entendre un peu plus. Quelques gouttelettes qui tombent. Je relâche.
L'air est froid et humide, je resserre l'étreinte de mon manteau. Et puis j'en suis sûre, des bruits de pas derrière moi. Une poussée d'adrénaline parcourt mes veines. Je ne veux pas me retourner. J'aime laisser place au suspens le plus total. Ne pas savoir qui s'approche de moi. Cela me demande un contrôle absolu. Mon cœur, je peux l'entendre battre, on dirait qu'il vient de naître. Mes veines se gonflent, le sang y passe de plus en plus vite. La cadence de mes pas augmente. J'aime cette musique frémissante. Quoi faire? Me cacher, continuer, courir ou juste marcher et faire comme si de rien n'était. C'est le moment que je préfère, celui de ne pas savoir. Ce moment où je suis entièrement consciente du danger et de laisser au destin dicter quelle sera la suite.
par Isabelle Houde de Nelson, Colombie-Britannique



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