Défi meurtrier : choix du jour

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« Henri » par Julie Racine

Gagnante du défi meurtrier, Julie Racine


Il n'arrivait jamais rien à  Henri. Ses journées se succédaient, ternes, comme les voitures qui circulent sur une autoroute. Dans le fond de son âme, cependant, il attendait un événement. Lors de ses promenades au bord de l'eau, tout en bottant quelques cailloux, il scrutait le reflux des vagues, espérant qu'une bouteille jetée à  la mer aboutisse à  son pied, remplie d'un appel de détresse écrit à  la main. Que quelque chose arrive.


En attendant, il s'abonnait à  des infolettres, car il aimait voir son nom en en-tête d'un courriel : « Henri, profitez de rabais du printemps ! » « Henri, voici des conseils pour votre jardin ! ». Secrètement, il rêvait de recevoir une lettre anonyme. Chaque matin il attendait le facteur, gonflé d'espoir, puis s'en retournait, avec son publi-sac, dans la solitude grise de sa vie. Il lui arrivait, quelquefois, de voler des culottes sur les cordes à  linge, rien que pour jouer un rôle, même minuscule, dans la vie de quelqu'un. Ses méfaits étaient attribués au vent, ou à l'extrême délicatesse des pièces dérobées. Une fois, même, il s'était introduit chez une fille pour déplacer des objets. Ensuite il avait attendu une réaction, qui n'est jamais venue. Pourtant si seulement quelqu'un pouvait s'intéresser à  lui de cette façon !


Il repensait, le soir, à  sa mère qui lui répétait, en le bordant : « Surtout, qu'il ne t'arrive rien. » Il lui en voulait.
Un matin, Henri prit une décision.  Il était fermement décidé à  interpeller le destin.

 

par Julie Racine de Canton-Tremblay, Québec


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2 Commentaire(s)

Mireille Beaulieu a écrit:

Publié le 31 mai 2012 17h54


J’ai aimé la première phrase. Point.

Contrairement à madame Léna Girard, j’ai décroché à la deuxième. C’est beau les comparaisons quand on sait en user. Celle qui y apparaît, mal tournée, ne tient guère … la route.

[Henri] espérait « qu’une bouteille jetée à la mer …» L’auteure est une adolescente ou quoi ? Je suis désolée de constater que ce vieux cliché n’ait pas encore été englouti par les eaux.

[Henri] attendait le facteur « gonflé d’espoir …» Il faut le faire. Encore une tournure des plus usées. Et ça continue.

Enfin, quoi dire de l’utilisation aléatoire des virgules ?

Bref, je ne comprends pas ce choix. Il y avait de meilleurs textes dans les choix du jour, écrits en bon français en plus.

 

Léna Girard a écrit:

Publié le 30 mai 2012 0h16


J'ai beaucoup aimé "Henri" j'espère que l'auteure va écrire un livre car elle sait capturer notre attention et nous incite à lire jusqu'à la fin l'histoire. Félicitation à Julie Racine je l'encourage à continuer l'écriture j'aimerais tellement qu'il y ait une suite à ce fameux Henri.

 

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