Prix de la nouvelle

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Rencontre avec Simon Lambert, lecteur

En attendant de découvrir qui sont les 10 finalistes encore en lice pour le Prix de la nouvelle Radio-Canada, entrez dans les coulisses de la compétition. Pleins feux sur ceux et celles qui ont lu toutes ces nouvelles à la recherche de la perle rare. Simon Lambert ouvre le bal.


 

Simon Lambert.jpg1.  Parlez-nous un peu de vous... Où vivez-vous ? Qu'écrivez-vous ?
J'habite le Vieux-Limoilou, à Québec. J'écris du roman.


2.  Que faites-vous dans la vie ?
Journaliste au Voir Québec, je prends aussi des contrats auprès de maisons d'éditions à titre de lecteur, de correcteur ou de réviseur. Je travaille à l'écriture de mon deuxième roman.


3.  De quoi êtes-vous le plus fier dans votre carrière littéraire ?
Prix Robert-Cliche du premier roman 2010.


4.  Qu'est-ce qui vous a attiré dans le fait d'être lecteur pour le Prix de la nouvelle Radio-Canada ?
L'exercice de lecture incomparable.
Les styles sont extrêmement différents, la qualité est variable, on trouve de tout : il est très stimulant de se livrer à cet exercice de jugement, qui exige par ailleurs qu'on soit en mesure de sortir un peu de ses préférences pour reconnaitre les qualités d'écritures qui ne nous ravissent pas au premier abord.

 

5.  Qu'est-ce que vous aimez particulièrement dans la nouvelle (par rapport au roman par exemple) ?
La possibilité de s'attarder à de petits moments, mais de façon précise et, possiblement, profonde.

 

6.  Où/dans quelles conditions avez-vous lu toutes les nouvelles que vous avez reçues ?
La brulerie au coin de la rue, après le souper.

 

7.  Vous avez lu des centaines de nouvelles. Que cherchiez-vous ? Qu'est-ce qui fait qu'un texte se démarque et se retrouve dans votre pile de « OUI » ?
L'écriture. Au-delà de ce qui est dit, il y a la façon de dire. Et cette qualité, ce grain particulier qui fait sentir qu'il y a une voix particulière de l'autre côté des mots, on la sent très rapidement. Souvent, quelques lignes suffisent à le déterminer. Sartre résumait la chose ainsi: "On n'est pas romancier (entendons aussi la nouvelle) pour avoir choisi de dire certaines choses, mais pour avoir choisi de les dire d'une certaine manière."

 

8.  Y-a-t-il un texte qui vous a particulièrement marqué ? Pourquoi ?

Braconnage. Il y avait quelque chose de très viril, mais aussi de très dur dans le ton. Des mots se dégageait une violence qui n'arrivait pas tout à fait à s'exprimer. Une grande colère, aussi, et une difficulté à composer avec le monde, à s'y adapter, s'y faire une place.

L'habitude des paysages. Le texte parvenait à mettre en scène des sentiments très nuancés, quelque part entre la nostalgie, l'incompréhension, l'absence. La difficulté qu'il y a à nommer précisément ce que faisait naitre le récit témoigne de sa réussite.


9.  Après avoir lu tous ces textes, avez-vous des conseils, une liste de À FAIRE/À ÉVITER pour les auteurs de nouvelles ?


À ÉVITER, à tout prix :


- Terminer la moitié de ses phrases par un point d'exclamation.
- Utiliser des capitales systématiques pour signifier qu'un personnage crie.
- Avoir recours aux points de suspension pour montrer, dans un dialogue, qu'un des personnages ne répond rien.

 

10.  Qu'avez-vous le plus aimé de cette expérience ?
L'expérience de lecture. Être obligé de lire tous ces textes si différents, c'est être obligé de parcourir des sensibilités qui le sont tout autant. C'est donc sortir de soi-même et de ses gouts, de ses habitudes. C'est se donner ensuite les moyens de revenir vers ses propres habitudes d'écriture pour être capable de les étendre un peu.

 

Né en 1982 à Saint-Rédempteur, Simon Lambert habite à Québec. (Montréal n'a pas voulu de lui.) Il a complété un baccalauréat en philosophie, un certificat en création littéraire ainsi qu'une maitrise en littérature. Il a enseigné le français et la littérature en Irlande, a étudié en Allemagne, à participé à la Foire internationale du livre de Guadalajara au Mexique et a travaillé en France, en Colombie-Britannique et au Yukon. Son roman La chambre (vlb éditeur) a remporté en 2010 le Prix Robert-Cliche du premier roman


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1 Commentaire(s)

Venise a écrit:

Publié le 22 février 2012 13h20


Un lecteur assez "auteur" aussi !

Entrevue captivante. Je me retrouve dans ces réponses.

Et un jour, je lirai La Chambre.

 

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